Traitement long terme La thymectomie

La thymectomie :

Environ 15% des patients avec une myasthénie présentent lors d’examens thoraciques (comme un scanner, ou une IRM) une tumeur de la glande thymique appelée thymome. Bien que la plupart des thymomes soient bénins, ils sont habituellement retirés chirurgicalement à cause d’un risque de malignité possible. C’est pour cette raison que mêmes les patients sans thymomes se voient recommander la thymectomie. Si une grande partie du thymus est retirée chirurgicalement, les symptômes de la myasthénie habituellement diminuent et dans quelques cas disparaissent complètement.

Le thymus est un organe qui intervient dans le développement du système immunitaire. Il migre de la nuque à la cage thoracique durant la formation du fœtus et à l’âge adulte, il reste sous le sternum.

Comme les amygdales et les végétations, le thymus est gros chez le nourrisson et diminue en taille pour finalement être remplacé par de la graisse lors de la vieillesse.

Le thymus n’est pas toujours élargi chez les patients avec une myasthénie mais souvent à l’examen microscopique on distingue plus de cellules que la normale (on parle alors d’hyperplasie), notamment lorsque la myasthénie est présente depuis plusieurs années.

Même si certains neurologistes ne considèrent pas la thymectomie comme apportant une aide significative par rapport à d’autres traitements, la majorité d’entre eux la recommande pour certains patients.

Auparavant, la thymectomie n’était pas pratiquée sur les patients de plus de 25 ans (ou plus récemment de plus de 45 ans) pas plus que sur les personnes chez lesquelles la maladie était présente depuis plus de 5 ans.

Dans la mesure ou un certain nombre de patients plus âgés ou ayant la maladie depuis plusieurs années ont tiré du bénéfice de cette opération, la thymectomie doit être considérée au cas par cas.

Quelle est la meilleure technique chirurgicale ?

Habituellement, la thymectomie par sternotomie médiane est pratiquée dans la mesure où elle permet une approche du tissu thymique dans sa globalité. Certaines équipes, toutefois, préfèrent pratiquer la thymectomie par voie trans-cervicale, technique qui permet une approche moins traumatisante.

Un patient qui regarde ce qui se pratique dans tous les pays rencontrera toutes les possibilités entre ces deux techniques-là et même (à l’ université de Colombia à New-York) les deux approches (sternotomie médiane et thymectomie par voie trans-cervicale) pratiquées sur le même patient.

Les résultats de ces 2 approches sont bons, mais dans tous les cas rien n’est réellement mieux qu’un retrait total du tissu thymique, bien visible en utilisant la sternotomie médiane.

Depuis quelques temps on voit également apparaitre une technique opératoire via un robot , le da-Vinci. Le système da Vinci est une plate-forme robotisée sophistiquée qui multiplie les possibilités des chirurgiens et offre pour la première des options moins invasives pour les interventions chirurgicales complexes et délicates.

Le système da Vinci confère au chirurgien des instruments miniatures articulés et une caméra 3D haute définition qui ne nécessitent que de petites incisions. Confortablement installé derrière la console da Vinci, le chirurgien dispose d’une vision en 3D haute résolution du champ opératoire, avec fonction d’agrandissement.

Ses gestes opératoires sont mis à l’échelle, filtrés et instantanément convertis en micromouvements extrêmement précis dans les bras du robot da Vinci par des technologies robotiques et informatiques de pointe.

Ce système ne peut ni être programmé, ni prendre des décisions de manière autonome. Au contraire, chaque manœuvre chirurgicale doit être effectuée directement par le chirurgien.

Qu’apporte la thymectomie ?

Environ 30% des patients qui, sans thymome, subissent une thymectomie connaissent une rémission totale et 50% connaissent une amélioration.

Cette amélioration n’apparaît pas immédiatement après la thymectomie mais met plusieurs mois voire plusieurs années pour atteindre son effet maximal. Il n’est actuellement pas possible de prédire l’effet de la thymectomie pour chaque patient et même après une amélioration il reste encore une petite possibilité de rechute.

Quoiqu’il en soit, la thymectomie elle-même est rarement responsable d’une aggravation, sur le long terme, de la myasthénie.

Même un thymome invasif n’est pas toujours détecté lors des examens par imagerie et ne l’est que lors de la thymectomie elle-même. Ceci est un bon argument en faveur de la thymectomie, par rapport aux traitements immunosuppresseurs, pour les patients jeunes et en bonne santé.

De plus la possibilité d’une rémission complète après la thymectomie sans avoir besoin de poursuivre de traitement, par comparaison à une rémission où la poursuite du traitement est nécessaire, est un autre argument en faveur de la thymectomie.

Dernière MàJ le : 27 février 2017 à 17 h 52 min

Page créée le 29 septembre 2012